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Echo-Fle? AF Sydney

 
LE PROFESSEUR EN CLASSE DE FLE
 
Avec l’évolution des méthodologies et de la pédagogie, la place de l’enseignant ou du «maître» a bien changé mais toujours à son avantage.
Il n'est plus le point focal de la classe : toutes les interactions ne passent plus par lui. Il se doit d’instaurer un climat de confiance et d’«adapter» le contenu du cours en fonction des besoins langagiers des apprenants. Il se range comme co-communicateur. Il est un facilitateur d'apprentissage en attirant l'attention de l'apprenant sur sa manière d'apprendre et il est un animateur.
Cela implique une participation plus profonde de la part de l’enseignant qui doit prendre un rôle presque théâtral afin de communiquer le FLE à ses apprenants.
 
 
Plan :

 
1- La place de l’enseignant dans la situation d’apprentissage
La plupart des classes de langues ont adopté la disposition en U avec au centre l’enseignant et le tableau. Le but étant que les apprenants puissent bien voir le tableau et l’enseignant et aussi de permettre à ce dernier de pouvoir se déplacer facilement vers eux et casser la barrière.
Il faut savoir que culturellement l’enseignant conserve toujours un important respect de la part des apprenants qui voient en lui le représentant de l’instituteur. Sans vouloir casser cette image, l’enseignant se doit d’aller vers eux et de pouvoir établir un climat de confiance favorable à l’enseignement.
Une situation d’apprentissage comporte trois pôles : le formateur (l’enseignant), l’(les) apprenant(s), le contenu. L’enseignant doit pouvoir réaliser des interactions entre ces trois pôles.
Il réalise un processus d’animation avec ses relations avec les apprenants et un processus d’enseignement dans sa relation avec le contenu ce qui lui permet de transmettre de façon efficace ce contenu. L’interaction entre le contenu et l’apprenant est assez pauvre mais elle doit être encouragée si elle a lieu chez certains apprenants.
 
 
Le triangle:                                                 ENSEIGNANT
                                                      animer                              enseigner
                                APPRENANT                autoformation                    CONTENU
 
 
2- Connaître son public cible :
Chaque situation d’enseignement comporte plusieurs variables selon le public à qui l’on s’adresse : un public précoce, scolaire, d’adolescents ou d’adultes.
Il faut prendre en compte plusieurs caractéristiques chez le public adulte : pour commencer son âge. L’enfant ou le jeune adulte est plus privilégié pour apprendre une langue étrangère. Il a des caractéristiques propres qui lui facilitent l’apprentissage : des caractéristiques psycholinguistiques ainsi que le besoin de communiquer et l’absence de blocage cognitif.
Si ces facultés, à part de rares exceptions, n’existent plus chez l’adulte, du moins au même niveau, celui-ci en possède cependant d’autres, comme la motivation d’apprendre une langue, la capacité de travail et l’esprit théorique.
Malgré cela il  faut chercher comment faciliter l’apprentissage des adultes. Il faut connaître leurs exigences et leurs besoins, puis étudier comment ils passent d’une compétence à l’autre.
Enseigner aux adultes implique donc de rechercher les moyens les plus facilitateurs et qui encouragent leur perception de la langue, la mémorisation et la production. Ces moyens doivent être jugés en fonction de leurs résultats et non à priori.
Il faut aussi savoir si notre public subit la situation d’apprentissage volontairement ou involontairement. Certaines personnes en classe de langue peuvent être obligées de suivre cette formation pour de multiples raisons et cela rend leurs motivations presque inexistantes.
Certains apprenants se sentent captifs dans un cours si la méthode et la méthodologie choisies ne leur plaisent pas, ou ne répondent pas à leurs besoins.
Ce public ressent une absence de choix qui peut mener à deux résultats si l’enseignant n’intervient pas :
  • L’apprenant accepte, essaie de s’intégrer en s’adaptant à la situation,
  • L’apprenant refuse, il devient passif et ne communique plus avec les autres,
L’enseignant doit faire son possible pour attirer l’attention et l’intérêt de ses apprenants et si nécessaire changer de méthodologie pour ne pas se retrouver avec une classe vidée de ses étudiants.
Il faut aussi savoir que le fait que le public soit captif ou attentif ne veut pas dire que tout soit résolu. Au contraire cela demande encore plus de l’enseignant afin de sauvegarder cette confiance et cette motivation.
Dernier point que l’enseignant doit prendre en compte dans son cours de langue, c’est l’arrière plan culturel des apprenants. Le terme culturel est utilisé ici dans le sens des comportements et modes de pensées hérités de la société dans laquelle on vit.
Il est vrai que l’on ne peut pas considérer tous les apprenants comme ayant un arrière plan commun mais de façon générale on peut remarquer que la plupart des étudiants ont un préjugé assez fort sur la relation enseignant -enseigné et sur leur représentation de l’apprentissage d’une langue.
On remarque que la plupart se soumettent à l’enseignant sans pour autant faire totalement confiance à sa méthode et à sa méthodologie. Dès que la parole leur est donnée ils critiquent facilement les nouveaux outils.
La nostalgie de l’école est très présente et les apprenants sont toujours pressés d’apprendre la langue. La participation est rare et le recours à la langue maternelle pour comprendre la grammaire et les textes est fréquent.
On remarque que nos apprenants n’arrêtent pas d’écrire les traductions de presque tous les mots. D’un autre côté les apprenants se sentent plus à l’aise avec l’écrit qu’avec l’oral. Ils préfèrent lire les jeux de rôle ce qui enlève tout l’intérêt pédagogique de ces activités.
L’enseignant doit identifier ces spécialités culturelles et ne pas essayer de les écraser mais pousser les apprenants à dépasser leurs préjugés et a priori. Les apprenants doivent avoir une attitude de participation au cours qui peut être encouragée si elle n’entrave pas l’avancée du groupe.
 
Certains mouvements spontanés de participation doivent être contrôlés par le professeur, car un cours de langue doit rester un cours et ne pas devenir une discussion de café. Certaines habitudes de civisme seront intégrées au début du cours comme le lever de main, la demande de parole…etc, selon l’appréciation du formateur.
Il peut graduellement par des questions ciblées introduire un certain degré d’initiative, c’est à dire, programmer l’initiative des apprenants pour en faire une habitude.
 
 
 
3- Les objectifs de l’enseignant dans sa classe:
Les objectifs se différencient des besoins qui sont plus du côté des apprenants. Il est assez difficile de définir les objectifs d’un cours mais c’est très nécessaire pour les raisons suivantes :
  • Les objectifs facilitent l’évaluation car s’ils ont été atteints cela prouve l’efficacité de l’enseignement. Ils permettent l’évaluation de l’apprenant et de la méthode et méthodologie utilisées.
  • Ils permettent de construire de meilleures actions d’apprentissage adaptées aux besoins et de mieux choisir ce qui peut permettre aux apprenants d’atteindre les objectifs visés.
Il faut faire la différence entre les objectifs généraux de toutes les formations en FLE et les objectifs spéciaux de chaque cours qui dépendent du niveau des apprenants et du niveau qu’ils veulent atteindre.
Les objectifs généraux que chaque enseignant de FLE doit avoir :
  • développer les savoirs, savoir-faire et savoir-être des apprenants,
  • les inciter à mobiliser leurs connaissances, un certain savoir passif, pour le mettre au service de l’analyse et de la réflexion en français,
  • remédier à certains manques et besoins identifiés,
  • inscrire le FLE dans un cadre actuel et vivant,
  • valoriser les différents types de supports (articles de presse, documents audiovisuels, essais, interviews écrites et orales, tableaux, statistiques, chansons, publicités, caricatures, romans, poésies, jeux, site web, BD...) comme autant de medias de la langue et de la culture francophones,
  • développer le goût de la langue et de la culture orale et écrite,
  • valoriser les apprenants en reconnaissant la spécificité de leur statut (contexte socio-culturel, générationnel, bilinguisme...) à travers un outil qui leur sera spécifiquement destiné.
Par rapport à lui-même, l’objectif de l’enseignant sera de se doter d’un outil de travail correspondant au mieux à ses prérogatives et au contexte socio-culturel avec lequel il doit composer, d’offrir des documents qui ne soient pas uniquement source d’apprentissages pour les élèves mais aussi porteurs d’enseignements pour l’enseignant lui-même (autoformation par le biais de la création).
 
 
4- Le début d’une session :
Le début d’une formation est très important car c’est une découverte de la part de l’enseignant et de la part des apprenants. C’est un moment délicat surtout si le démarrage se fait mal l’ensemble de la formation risque d’en souffrir. Plusieurs procédés d’ouverture ont été développés et il est vrai que l’expérience joue beaucoup pour la gestion du groupe.
Plusieurs peurs inquiètent les participants au début d’une session et le rôle du formateur est de les gérer. En voici quatre :
  • Première anxiété : «Qui est le professeur ?» Quelle est sa personnalité, sa méthode et quel genre de relation va-t-il instaurer avec les apprenants ?
  • Deuxième anxiété : «Qui sont-ils ?» cela vient de la méconnaissance des autres participants. On remarque que certains apprenants exigent de continuer toutes leurs sessions avec le même groupe. Ce qui les inquiète le plus est : le jugement des autres, leur attitude en cours, leurs niveaux et compétences. Ces craintes subsistent tant que le groupe n’a pas fait connaissance.
  • Troisième anxiété : «Qu’allons nous faire ?». Les apprenants se posent beaucoup cette question surtout lors de leur première session car ils se sentent en terrain inconnu. Ils se demandent s’ils vont pouvoir suivre le cours sans difficultés, quels seront les sujets et les compétences traités, quels seront les devoirs, devront-ils travailler à la maison, la compréhension orale par le biais d’outils informatiques, audio ou vidéo va-t-elle être compréhensible, y aura-t-il un test et quelles seront les questions…etc
  • Quatrième anxiété : «Pour combien de temps sommes-nous là ?». Ils ont toujours peur de trouver le temps long, à quelle heure se termine le cours, quand commence la pause, va-t-on changer les horaires…etc
D’autres peurs sont aussi possibles et le fait de les ignorer peut avoir des conséquences variables selon les personnes : repli, passivité, agressivité, et dans certains cas l’abandon de la formation. L’enseignant ne perd pas son temps s’il consacre 10% du premier cours à éliminer ces peurs.
 Il est recommandé de ne jamais entrer directement dans le vif du sujet, mais au contraire de commencer par des phrases de bienvenue et de présentation de soi sans pour autant détailler son CV sauf si cela est nécessaire.
Cela permet d’instaurer un climat de confiance, une certaine intimité avec les apprenants et une complicité profitable pour développer l’apprentissage. Si vous connaissez certains des apprenants de vos formations antécédentes, il n’est pas déconseillé de le faire savoir. Cela poussera les autres à aller vers eux pour en savoir plus sur votre méthode et casser ainsi la barrière entre eux et vous.
Il faut donc prendre contact avec le groupe sur le registre affectif avant d’avoir des échanges intellectuels. Ce système est préférable aux phrases du genre « soyez spontanés » ou «n’ayez pas peur» qui s’avèrent peu efficaces et éloignent les apprenants de leur enseignant qui leur devient supérieur du fait que lui n’a pas peur.
La deuxième tâche est de transformer la classe en groupes de travail et chacun doit y prendre sa place. Il convient donc de permettre aux participants de faire connaître qui ils sont, quels sont leur activité ou leur statut. Ils ont besoin de s’entendre et de se faire entendre et cela dès le début de la première séance.
Les présentations peuvent se faire selon différents procédés et chaque enseignant a ses préférences. Il est préférable de ne pas laisser les apprenants libres de se présenter car c’est toujours la première personne qui instaure un modèle de présentation. Certains bavards risquent d’être incontrôlables alors que les modestes et les timides auront des présentations pauvres.
Plusieurs procédés peuvent vous aider, nous allons en donner deux :
  • Le premier procédé : On peut distribuer un questionnaire puis le récupérer et le distribuer et demander à chacun de présenter la fiche qu’il a dans les mains.
  • Le deuxième procédé : on demande aux participants de s’interviewer deux par deux pendant dix minutes. A la suite de cela, chacun présente son voisin devant toute la classe.

Dans la plupart des cas, le fait de se lever, de jouer ou de simuler une rencontre "debout", de rentrer rapidement en action est un élément de facilitation de loin préférable au fameux tour de table ou aux fastidieux questionnaires.

 
 
5- Les interactions enseignant/apprenant :
Depuis l’apparition des nouvelles méthodologies, une des missions les plus importantes des enseignants est devenue de réaliser des interactions avec les apprenants. Elles sont fondamentales car l’interactivité est le moteur de l'apprentissage en classe, à partir de supports variés par le déclenchement de prise de parole.
Ces interactions devront être organisées, gérées et évoluer par le professeur. Bien que son but de transmettre un savoir soit le même, l’enseignant se doit surtout d’apprendre à apprendre. En donnant des tâches à accomplir aux étudiants, il sollicite leurs capacités de déduction et de découverte et les invite à construire leur propre savoir. L’enseignant doit animer des interactions au sein de sa classe.
Les interactions sont multiples:
  • Verticales (enseignant > apprenants : Dialogue Nord/Sud)
  • Horizontales (apprenants > apprenants : Dialogue Est/Ouest),
  • Selon les dispositifs d'enseignements adoptés (groupe classe/ par paires/ petits groupes/ etc).
L’apprenant en entrant dans la classe, veut apprendre la langue cible et il compte pour cela sur les échanges qu’il va avoir avec son enseignant et ses collègues. L’enseignant doit donc essayer de s’assurer tout au long de la formation qu’il interagit bien avec ses apprenants et il doit de ce fait s’intéresser personnellement à l’état de leur développement linguistique.
Une autre interaction est aussi importante, l’interaction avec les autres enseignants (surtout dans le cas des classes à multi-professeurs) et avec la direction.
Enfin, il faut savoir que la qualité et la fréquence des échanges en classe sont des facteurs qui facilitent le processus d’apprentissage.
L’enseignant se doit de mettre ses compétences linguistiques, culturelles et pédagogiques au service de l’apprenant car il restera sa personne ressource et cela même après la fin de la session de formation. Il se remet toujours en question et surtout il est patient et à l’écoute de ses apprenants.
 
 
 
6- L’enseignant en classe de langue :
On peut comparer l’enseignant de langue en un acteur, la scène est la classe et la pièce la formation. Chaque jour, il arrive et porte son masque de professeur, il oublie tout se qui se passe à l’extérieur et tout ce qu’il doit faire, et entre dans son rôle. Les apprenants jouent aussi un rôle dans cette pièce et ils sont même son évolution.
Pour bien réussir, l’enseignant se doit de respecter plusieurs règles ou conseils :
  • Enseigner, un jeu d’acteur,
Pour commencer, l’enseignement de la langue étrangère doit se faire avec le moins possible (dire sans serait idéaliste) de recours à la langue maternelle. Pour cela, il a plusieurs outils, dont les premiers sont ses mains et son corps. Il peut compter sur le jeu d’acteur pour expliquer une expression ou un mot, et de ce fait il pousse l’apprenant à comprendre naturellement. L’utilisation de synonymes et d’exemples peut aussi s’avérer très efficace. La tentation de la traduction est une erreur sur le long terme, même si elle parait payante au début…
L’enseignant peut aussi compter sur le tableau qu’il peut utiliser comme planche de dessin. Il faut quand même faire attention au rapport entre l’enseignant et le tableau. Il doit rester un outil au service de l’apprentissage et ne pas devenir une preuve de supériorité sur les apprenants. Il est conseillé de leur demander en classe de venir au tableau pour écrire leurs réponses ou leurs propositions pour pouvoir voir les erreurs des uns et des autres.
  • Respecter la règle de trois,
Pour qu’il y ait une bonne compréhension et un bon contact, pédagogiquement parlant, il faut adopter la règle des trois répétitions.
La première fois il faut annoncer l’activité ou l’idée que nous allons expliquer afin d’attirer l’attention des apprenants et pour leur faire comprendre que nous allons entreprendre une nouvelle découverte. La deuxième fois, il faut en parler et l’expliquer avec l’aide d’exemple et de tous les outils dont on a besoin. La troisième fois, il faut dire que l’on a parlé de cela, comme une conclusion et un rappel. Cela facilité la mémorisation et permet aux quelques apprenants qui n’ont pas encore assimilé bien l’objectif de revenir au rang des autres.
Avec cette règle on peut profiter des avantages de la répétition et sous des dehors simples, constructifs et pédagogiques, nous familiarisons les personnes, avec nos mots en langue cible, aux concepts, aux vocabulaires, aux phrases et aux règles qui vont progressivement s’installer dans leurs systèmes de pensée.
Ce moyen permet aussi de réaliser une anticipation constructive chez les apprenants. On remarquera tout au long de la session que les apprenants ne restent pas purement réceptifs et se mettent en état d’activité mentale ce qui leur permet d’assimiler plus vite les informations que nous leur communiquons.
Donc on indique ce que l'on va dire, on le dit et à la fin on répète ce que l’on avait dit.
 
  • Respecter la syntaxe de la communication orale et écrite,
Il faut savoir que le style écrit n’est pas du tout apprécié par l’oreille, donc l’enseignant ne doit jamais expliquer comme s’il lisait un passage d’un livre. Le style écrit est très différent du style oral qui est plus humain et plus difficile pour certains.
On doit savoir à quel sens on s’adresse et s’adapter en conséquence. Dans la communication orale il vaut mieux utiliser des phrases courtes, simples et indépendantes et éviter les phrases avec conjonction et avec pronom relatif qui sont plutôt du domaine de la communication écrite.
Le négatif retarde la compréhension et la mémorisation. Le recours à des mots très spécialisés ou de style soutenu peut être un mauvais choix surtout si le niveau des étudiants n’y correspond pas.
 
  • Gérer son regard, sa voix et sa posture; occuper l'espace; 
L’enseignant peut se sentir gêné face à ses apprenants, comme un acteur de théâtre qui se trouve devant une salle comble. Il doit avoir des réactions pour ne pas transmettre cette gêne aux étudiants et pouvoir mieux accomplir son rôle de diffuseur de savoir.
Pour commencer, le fait d’éviter de regarder les apprenants, qui est assez répandu, est une très mauvaise initiative car cela leur donne l’idée que l’on a peur de lire dans leurs yeux le reflet de notre malaise. Il faut les regarder en face sans pour autant être agressif. Il est très important de conserver un contact visuel tout en promenant notre regard d’un apprenant à l’autre dans la classe.
Il faut aussi apprendre à gérer sa voix car le tremblement trahit notre malaise et le ton trop élevé fatigue, cause des maux de têtes aux apprenants. Le formateur peut au début essayer de poser sa voix dans le grave pour se donner confiance et ralentir le débit tranquillement. Il faut surtout avoir l’air naturel dans sa façon de s’exprimer surtout avec un public adulte.
Il est aussi avantageux d’introduire des bulles de silence entre les morceaux de phrases. Cela permet d’avoir le temps de réfléchir à ce que l’on va dire, donne le temps aux apprenants d’assimiler et de mémoriser et attire leur attention car ils veulent savoir ce qui va suivre.
Une mauvaise posture cause le tract par l’asphyxie des poumons qui engendre le stress, l’accélération du cœur et l’émotion de gêne ou de honte. Il est donc important d’adopter une bonne posture qui permette une bonne ventilation. Il est aussi important de changer de posture tout au long du cours selon la compétence que l’on travaille. On peut s’asseoir pour lire un article, alors qu’il vaut mieux être debout pour lire un poème afin d’exprimer mieux les émotions. Dans tous les cas, des déplacements nombreux sont bienvenus car l'occupation de l'espace-classe constitue le fac-similé d'une situation de communication authentique, vivante, animée; se rapprocher de certains, se diriger vers d'autres, c'est tisser des liens naturels humanisants, autant d'éléments facilitateurs de l'apprentissage.
Il faut donc que l’énergie du corps soit concentrée dans ce que nous faisons et l’expérience nous permet de bien choisir la bonne posture, le bon timbre, le bon regard, la trajectoire souhaitable...
7- La planification en classe de FLE :
Planificateur ou synchrone ?
Des études démontrent que les formateurs se divisent en deux parties, les planificateurs et les synchrones. Les premiers sont très stricts et passent des heures à préparer leurs cours dans les moindres détails et se sentent facilement en difficulté si on leur demande des activités en dehors du plan qu’ils se sont imposés.
Les synchrones quant à eux, préfèrent préparer un plan des objectifs essentiels de leurs cours et ne s’occupent pas des détails. Ils comptent beaucoup sur leur expérience pour réussir à atteindre leurs objectifs et sont plus partisans de la philosophie de « à chaque jour suffit sa peine ».
Les deux camps se critiquent mutuellement et on considère que les anglo-saxons sont plutôt planificateurs alors que les méridionaux sont plus synchrones.
Un enseignant qui refuse de planifier ses cours, que ce soit à long ou à court terme, est facilement démasqué par ses apprenants et cela n’a pas un bon résultat sur la plupart d’entre eux. Il est donc conseillé de faire un plan de la formation sans pour autant choisir un plan figé et trop détaillé mais au contraire un plan évolutif et en développement continu.
Les étapes de la planification :
Avant de rédiger la planification, l'enseignante, l'enseignant ou un groupe d'enseignantes et d'enseignants devront vivre les étapes suivantes :
1) S'approprier les éléments d’apprentissage:
· Les objectifs d'apprentissage visés
· Le contenu
· Les stratégies
· La mesure et l'évaluation
2) Faire l'inventaire des ressources disponibles : 
Dans la salle de classe
Au Centre
· outils pédagogiques
· expertise des personnes
· matériel de manipulation
· intervenant-e 
· ressources technologiques
· ressources audio-visuelles
· ressources informatiques 
· documentation
· tableau
· logiciels
 
· autres
3) Connaître son groupe d'apprenants :
Il faut tenter d’établir le profil des apprenants (intérêts, niveau, profession…). Certains aiment poser la question aux enseignants qui ont eu déjà le groupe dans un niveau précédent mais il ne faut pas se fier uniquement à cela mais essayer de se faire son idée et cela dès le premier cours.
4) Planifier son action pédagogique à long terme en fonction :
Pour cela il faut prendre en compte les éléments d’apprentissage, les ressources que nous avons entre les mains et du profil du groupe. Ce plan servira à cibler les objectifs à atteindre, à identifier les difficultés, définir les moyens que nous avons et faire le lien avec son plan de formation linguistique.
 
5) Faire des retours périodiques sur son action pédagogique :
Cela sert surtout à identifier les prochaines étapes tout en ajustant sa planification selon les besoins identifiés.
8- Rendre la langue cible intéressante:
L’enseignant de FLE se doit de rendre la langue française intéressante pour les apprenants. Pour cela il se doit de la rendre associée à des choses plaisantes.
Quelques idées pratiques :
  • Écoutez avec un véritable intérêt quand l’apprenant vous parle. (La personne la plus intéressante est celle qui  s'intéresse à vous)
  • Soyez disponible et patient.
  • Variez les textes et genres que ce soit des chansons, des poèmes, des comptines. Encouragez les commentaires des apprenants quand vous lisez.
  • Exposez vos apprenants aux jeux, aux émissions de télévision, aux DVD en français et  discutez-en avec eux.
  • Utilisez des éléments de cultures françaises et francophones qui les intéressent car ce sont des choses nouvelles pour eux.
  • Faites de petites entrevues en enregistrant la voix sur cassette audio puis la faire écouter en classe pour évaluer.
  • Ce qui est intéressant va varier beaucoup d'une personne à l'autre. Soyez toujours à leur écoute.

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9- La classe hétérogène :
Un des principaux cauchemars des enseignants est d’avoir malgré toutes les précautions (tests de niveaux), des groupes hétérogènes. Plusieurs conseils peuvent être suivis pour y remédier :
  • Proposer en dehors de la session générale des actions complémentaires pendant les pauses ou à la fin des cours afin de remédier à la différence de niveau.
  • Encourager les activités de tutorats, les avancés expliquent au débutants ce qu’ils devaient savoir mais ignorent (mais en français), cela permet aux premiers de concrétiser leurs connaissances et aux seconds d’améliorer leur niveau.
  • Inciter les personnes à prendre la parole pour indiquer ce qu’elles ne savent pas car le comportement spontané est souvent de prendre la parole pour dire que l’on sait et de se taire quand l’on voit que les autres savent.
  • Essayer de discuter avec les apprenants et de connaître leurs difficultés pour leur conseiller des activités pour y remédier (écoute de musique, utilisation de fiches de grammaire ou de vocabulaire…etc)
  • Adapter le contenu du cours à la moyenne sans le rendre trop facile pour les uns et trop difficile pour les autres.

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Ce document est librement inspiré par les travaux de l’Université d'Alep en Syrie (© 2005 – AUF)
 
 
 
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